ÉCHOS D’UN
RUISSEAU
Concours étudiants du Centre Canadien d’Architecture
Francais / Anglais
Bien avant la colonisation de l’île de Montréal, le territoire était traversé par un dense réseau de ruisseaux connus et parcourus par les peuples autochtones. Ces cours d’eau orientaient les déplacements, les savoirs et les relations au territoire. Pourtant, en environ 150 ans d’urbanisation, près de 82 % de ces rivières — soit environ 330 km — ont été enterrées ou intégrées au réseau d’égouts. Elles n’ont cependant jamais disparu : elles continuent de circuler sous la ville, invisibles mais présentes. Parallèlement, un autre monde s’est effacé : celui des constellations et des cosmologies autochtones, aujourd’hui rendues illisibles par la pollution lumineuse et par l’effacement culturel. À Montréal, deux invisibles coexistent désormais : les ruisseaux souterrains et le ciel effacé.
Le projet propose de révéler simultanément ces deux présences, principalement la nuit. Le long du tracé des anciens ruisseaux, une série de petits dômes émerge à la surface de la ville. Posés au ras du sol, ils relient eau et ciel et s’inspirent des principes symboliques de la hutte à sudation, dont la forme circulaire représente le ventre de la Terre-Mère. L’entrée basse impose un geste d’humilité et rappelle que l’on pénètre dans un espace de relation avec les forces naturelles.
Selon les saisons, l’eau du ruisseau souterrain, crée des ambiances et des sensations différentes. Dans le climat froid
de Montréal, elle libère de la vapeur en hiver et celle-ci devient visible à la sortie des dômes et flotte comme une
respiration de la Terre. La nuit, les dômes s’illuminent et la brume révèle l’eau cachée. Dispersés dans la ville,
ces points de lumière et de vapeur dessinent une constellation terrestre, miroir du ciel nocturne associé aux
saisons, aux migrations et aux cycles du vivant.
Le projet affirme enfin une idée radicale : l’eau conserve un droit sur l’espace. Lors des crues,
certains accès disparaissent. Ici, l’architecture ne cherche pas à contrôler le vivant, mais
à révéler ce que la ville a enfoui : eau et histoire.
Statut - Terminé
Année - Mars 2026
Distinctiion - Mention spéciale
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